UNE SACREE CIVILISATION !

Comme toutes les belles histoires, celle de l’art baroque commence par « il était une foi… »

Car c’est bien là, dans la volonté de glorifier Dieu et de raviver la foi chrétienne que cet art éclatant prend sa source. Pour autant, en ces temps de grand chamboulement, le Tout-Puissant n’est pas toujours celui que l’on croit…

Montvalezan © Flore Giraud (13)
Ange, Eglise Saint-Jean-Baptiste, Montvalezan (Savoie)

QUAND LE POUVOIR CHANGE DE MAINS : L’ESSOR IRRESISTIBLE DE L’ETAT MODERNE.

En apparence loin des vallées alpines, notre histoire commence à Rome et à Turin, au XVIème siècle… Le souvenir des grandes épidémies est prégnant, les Guerres d’Italie puis les Guerres de religion sont passées par là, c’est la fin d’une civilisation médiévale au sein de laquelle les pouvoirs délégués pouvaient paraître dispersés. Comme d’autres en Europe, la souveraineté princière savoyarde est bien décidée à réaffirmer son pouvoir absolu face au pape, à l’empereur et autres contre-pouvoirs comme la noblesse, les parlements et les communes.

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Saint-Gervais © Flore Giraud (3)
Eglise de Saint-Nicolas-de-Véroce, Saint-Gervais, Haute-Savoie © Flore Giraud

Témoin d’époque

Si l’on avait à l’époque interrogé le curé d’une paroisse de montagne son témoignage nous aurait sans doute éclairé :

« Pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître ! Imposé par le prince pour servir son image, soutenu par l’Eglise pour magnifier celle de Dieu, l’art baroque va être plébiscité par tout un peuple ; diffusant dans toutes les couches de la société ; s’invitant dans les hameaux les plus éloignés ; accompagnant les actes les plus concrets du quotidien ; infiltrant tous les modes d’expression artistiques… Et renforçant la continuité entre profane et sacré, propre à la culture populaire alpine. Si j’osais, je dirais que ça tient du miracle ! »

Derrière la richesse intérieure...

Derrière la richesse intérieure, la surenchère d’ornements et l’exubérance caractéristique du style, se cache une communauté de quelques âmes, humbles, pour ne pas dire démunies…

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Chapelle Tende © Flore Giraud
Chapelle de la Miséricorde, Tende, Alpes-Maritimes © Flore Giraud

FAUT-IL S’ADRESSER A DIEU PLUTÔT QU’A SES SAINTS ?

Le concile de Trente (1545-1563) prône une interprétation assez différente : C’est par l’intermédiaire des saints que l’on s’adresse à Dieu ! L’idée n’est pas systématiquement d’interdire ou d’imposer telle ou telle pratique, mais d’en redresser les dérives et d’en définir les limites. Objectif : remettre de l’ordre dans les ordres… et dans les pratiques du clergé séculier comme dans celles des paroissiens.

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