Collégiale Tende © Flore Giraud (8)
DES SAINTES, DES SAINTS… MAIS SURTOUT DES FEMMES ET DES HOMMES.

Ils ne font pas partie des personnages sculptés, ne sont pas sur les fresques, pas plus que sur les bannières ou les tentures. Et pourtant, ce qui fait la force de vie du baroque, ce sont eux… Ces fidèles, confrères, artisans et artistes, travaillant avec passion ou dépensant sans compter pour leur église ou leur chapelle. Autrefois pour construire, à présent pour restaurer.

Regardez bien, derrière chaque pierre, chaque décor, ce sont eux qu’il faut voir.

Et si la richesse des ornements est souvent aux antipodes de leur humble condition, au cours de vos escapades baroques, c’est à leur rencontre que vous irez….

 

DU « CHŒUR » A L’OUVRAGE

Aujourd’hui comme hier,  l’intérêt du baroque alpin est avant tout de révéler une histoire humaine ancrée dans son territoire. Dans les vallées de montagne si aux XVIIe et XVIIIe siècles, l’évêque ou l’archevêque donne souvent l’injonction initiale, le chantier paroissial comme celui de la chapelle de quartier ou de confrérie ne se fait pas par l’opération du Saint Esprit…

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Des montagnards devenus fous de baroque

Sont-ce les sentiers escarpés prenant parfois des allures de chemin de croix ? Est-ce la proximité du mont Blanc, invitant à côtoyer l’Eternel ? Les calamités naturelles, ne laissant aux hameaux isolés d’autre choix que d’implorer le Ciel ? Toujours est-il que l’art baroque a trouvé dans ces territoires qui paraissent coupés du monde et soumis aux conditions les plus extrêmes un terreau de fidèles insoupçonné. Et, ensemble, ils ont accompli des miracles…

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CHARITÉ BIEN ORDONNÉE COMMENCE PAR… LES CONFRÉRIES

D’abord du blanc, puis du noir, et ensuite, dans un ordre aléatoire, du gris, du rouge, du bleu, et même du vert… Nous ne sommes pas en train de vous parler de peinture au numéro ou des couleurs dominantes d’un tableau, mais de celles choisies par les confréries de dévotion pour se différencier les unes des autres, à l’heure où il était de bon ton de faire acte de charité…

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L’histoire remonte à loin. Du coup, je ne sais plus si le voyage fut court ou long, ni si l’accueil fut chaleureux. Ce que je n’ai pas oublié, ce sont les conditions dans lesquelles j’ai récupéré les clés de l’église…

FOI DE MONTAGNARD

Nommé à Combloux en 1733, le révérend Joseph Rouge se souvient…

« L’histoire remonte à loin. Du coup, je ne sais plus si le voyage fut court ou long, ni si l’accueil fut chaleureux. Ce que je n’ai pas oublié, ce sont les conditions dans lesquelles j’ai récupéré les clés de l’église… Les communiers, par la voie du syndic ont, de façon très explicite, posé les modalités de mon exercice paroissial. Me laissant entendre qu’avant de prendre possession des clefs de l’église, je devais promettre d’observer fidèlement la coutume du lieu. Me faisant comprendre que s’ils ne contestaient pas ma mission spirituelle, l’église et tout ce qu’elle contenait de décors et d’ornements leur appartenait, et que je n’en étais que le gardien ! »

Retable majeur, ND de la Vie © DD - Fondation Facim

DÉCRYPTAGE

Œuvre restaurée : Le Sanctuaire Notre-Dame de la Vie dans la vallée des Belleville (Tarentaise)

A le voir aussi bien conservé, on a du mal à croire qu’il ait plus de quatre cents ans. Le site est connu pour avoir été le théâtre de guérisons miraculeuses. Aussi, faut-il voir dans cette exceptionnelle longévité une manifestation divine ?

L’explication, vous la trouverez chez les restaurateurs contemporains, gardiens de savoir-faire ancestraux, qui comme le firent d’autres artistes et artisans en leur temps, taillent la pierre, sculptent l’arolle, manient la feuille d’or, façonnent le cuivre, gâchent la chaux, ajustent l’ardoise, magnifient les ocres et autres pigments pour que les perles baroques traversent le temps sans prendre une ride.

Parmi les autres restaurations exceptionnelles et complètes à découvrir chemin faisant : celles de l’église Saint-Maurice (Hauteville-Gondon, Bourg-Saint-Maurice, Tarentaise, Savoie), de l’église Saint-Jacques-d’Assyrie (Hauteluce, Beaufortain, Savoie) ou encore de Notre-Dame de l’Assomption (Cordon, Pays du Mont-Blanc, Haute-Savoie)…

UNE HISTOIRE SANS FIN

Dotant les vallées alpines de paysages artistiques inédits aux XVIIe et XVIIIe siècles, le mouvement baroque ne s’est pas arrêté en si bon chemin, avec des aménagements et décors continuant à embraser le chœur des églises et à attiser la foi des fidèles jusqu’au milieu du XIXe siècle, se jouant presque des flambées révolutionnaires…

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Les Contamines © Flore Giraud (2)
Eglise Notre-Dame-de-la-Gorge, Les Contamines (Haute-Savoie)